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Grand cirque et bordel de la vie… L’horloge à quatre mécanismes engendre un chant cacophonique et me nique la tête. Paris-New York, New York- Paris, à cela rajoutez Los Angeles et Tokyo, tic tac tic tac, tic tic tac tac et tac tac tic, tout cela résonne entre mes deux oreilles en décadence, m’empêcherait presque de dormir. Des calages de mon horaire il va falloir que je m’occupe sérieusement, le cul entre le siège du pilote et celui du co-pilote. Et Tic tac, tac tic, ça cliquette dans ma tête comme une danse sabbatique, lorsque j’imagine la réalité d’un jour qui se lève seulement et d’une après midi qui s’enchaîne dernièrement alors qu’ici la nuit tombe et ne ment. L’immense carlingue de la vie décolle dans le bruit incessant, assourdissant de ses réacteurs et comme d’un autre temps qui se profile de son fuseau, je vis mon décalage horaire, étouffe presque en hors air… Perdu le souffle de voler si haut avec ma petite machine passe-partout fatiguée de se jouer le long courrier alors qu’elle n’est dressée qu’à suivre les petites étapes, engendré. Ce n’est pas un souci, pas un problème, non presque pas. Juste une histoire de vieux tendeur, comme une corde de pendaison mal coupée, où cette branche mal sciée qui aurait déjà dû craquer. Mais elle est toujours reliée ça et là, d’une fibre à une autre qui cède ou cèdera, mais de ça, nul ne m’aidera. Mais tic tic tic tac, à quatre horaires le rythme s’accélère alors qu’autant de temps en cadrans sont figés à côté, elles usées, mécanismes rouillés, grippés, hérités ou simplement pas remontés, à quatre horaires le rythme s’accélère, tachycardiaque, tic tac, tic tac. A mille à l’heure ce sera en mode digital qu’il faudra que je passe si je veux suivre l’heure du temps qui s’écoule en bas dans le figisme mouvement de l’individu encerclé par ses frontières que l’homme nous a donné hier. Tic tic tic-tac, tic tic tic-tac, tic tic tic-tac, ça y est j’en choppe le rythme, nouveau, ni plus mythique, ni moins mystique, il est celui d’un galop lent mais régulier, celui d’un voyage qui s’entame sur la durée, la longueur, le souffle serré dans un mouvement de cavalier altier.
Grand cirque et bordel de la vie, ailleurs ça se rajeunit, se met au gout du jour sous le grand chapiteau redoré. Il n’est plus rouge et jaune mais blanc et rouge avec des allures de conte de fée… alors ça en gagne en superbe, ça en gagne en rythme en spectacle, mais le spectaculaire se perd ; la trapéziste aux cuisses de pouliche s’est transformée en danseuse volante plus précieuse mais sans risque, le Loyal en sulfureuse déloyale à poitrine sans plus de plastron à boutons… mais bordel, ils auraient pu au moins lui zébrer les seins !... Tic tic tic-tac tac-tic et ils sont tous asiatiques, plus de noms aux consonances germaniques… le seul clown de la fête au vrai nez rouge fut moi ce jour là… Rappelez moi pourquoi ?... non ne me le rappelez pas. Tic tac, tac tic, y’a du décalage horaire dans l’air, rappelez moi plutôt l’hôtesse que je lui arrache son tailleur Lacroix pour lui recoudre de fines dentelles, d’étoffes douces heureuses cachant de vrais bas à vous donner l’envie de défier quiconque en duel à l’arme blanche sans mouche pour adoucir la pointe d’une lame qui s’enfoncerait dans le cœur à m’en crever son tic tac tac tic. Tic tac tac tic, la mécanique de mon âge parfois s’essoufflerait-elle enfin, déjà, au point de me laisser en rade sur le bord de la route et que je finisse à pied, tout connement et simplement ?... Je ne sais pas, est-ce que c’est seulement là ou là haut que ça se passe.
Grand cirque et bordel de la vie, même à moi, en corps parfois, il m’arrive de ne pas savoir ou j’en suis de mon équilibre posé sur le fléau de la balance, trop de poids d’un côté. Beaucoup de l’autre, je suis obligé. Mais bordel de la vie que mes bords d’ailes j’aimerai les alléger pour me concentrer sur le cockpit et n’écouter qu’une seul tic tac, tic tac, celui de ses fesses qui claquent sur le corps de mon cœur… Tic tac tac tic, le temps nous rapproche au point de redevenir le même pour nous ; le soleil, le même pour nous ; les nuages, les mêmes pour nous. Tic tac, tic tac, si de partout le soleil est unique, le ciel n'est le même pour deux êtres que lorsqu' ils se retrouvent et le contemplent d’un même point de vue. Tic tac, tic tac, une horloge au quatre jeux d’aiguilles ne réunira jamais personne dans un même instant, même si cela se joue sous le même cadran. Il est donc temps de retrouver quelques notions essentielles qui se perdent facilement, tel que simplement celle du temps, celui tout con qu’on passe en commun, lorsqu’on est amant, lorsqu’on est aimant.
Tictictictictictic… A côté de l’ancestrale coucou figé, près de la nouvelle pendule achetée, le petit mousse décalé, va savoir pourquoi, tout autant attiré par ce
manège là, a remonté la Vedette, celle au bruit si caractéristique d’horlogerie parfaite et discrète. La lumière à cette heure glisse dessus… Clic-clac : cliché explicatif. Ti-ling :
vous avez un texto. La vie par-dessus reprend… vraiment, il était temps !...
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